Longtemps perçue comme une métropole équilibrée, résiliente et attractive, Nantes Métropole a résisté plus longtemps que d’autres aux chocs économiques récents.
Mais les derniers chiffres montrent un changement de régime clair : la métropole est entrée depuis 2023 dans une phase de surchauffe des défaillances.
Une métropole historiquement stable
Nantes Métropole (EPCI 244400404) se distingue par :
- un tissu économique diversifié,
- une forte attractivité démographique,
- un équilibre entre industrie, construction, commerce et services,
- une exposition historiquement modérée aux crises brutales.
Pendant longtemps, Nantes faisait figure de “bonne élève” parmi les grandes métropoles françaises.
Une moyenne de long terme contenue… jusqu’à récemment
Données structurelles
- Moyenne sur 10 ans : ~424 défaillances par an
- Niveau pré-Covid généralement compris entre 450 et 550
- Point bas en 2021 : 239 défaillances
Contrairement à Lille, Nantes évoluait durablement autour de sa moyenne, sans excès majeur.

2023–2025 : le décrochage
Les chiffres récents marquent une rupture nette :
- 2022 : 337
- 2023 : 517
- 2024 : 577
- 2025 : 759
- Janvier 2026 (12 mois glissants) : 753
En trois ans, le nombre de défaillances a presque doublé, et dépasse désormais la moyenne historique de +75 %.

C’est le signal clé propre à Nantes :
le passage d’un modèle stable à une zone de risque élevé.
Jugements d’ouverture : une accélération continue
L’analyse des jugements d’ouverture cumulés par année est sans ambiguïté :
- 2021 : 239
- 2022 : 337
- 2023 : 517
- 2024 : 577
- 2025 : 759
- 2026 : 66 dès les premières semaines

Les courbes montrent :
- une pente plus forte chaque année,
- aucune stabilisation visible,
- un début 2026 déjà dynamique.
Nantes ne rattrape plus, elle accumule.
Secteurs les plus touchés : une pression très classique… mais large
Répartition sectorielle des défaillances :
- Construction : 30,51 %
- Commerce : 17,17 %
- Entreprises (services) : 16,51 %
- Hôtellerie-restauration : 11,49 %
- Industrie : 3,7 %
- Transport : 3,04 %

Contrairement à Lille (industrie/logistique) ou Paris (tertiaire),
Nantes subit une pression homogène sur les secteurs “cœur” de l’économie locale.
C’est un risque diffus, plus difficile à anticiper.
Taille des entreprises : la TPE en première ligne
La majorité des défaillances concerne :
- des micro-entreprises et TPE sans salarié,
- mais avec une présence réelle de petites PME employeuses.
Le tissu entrepreneurial est fragilisé par le bas, ce qui explique la montée progressive plutôt que brutale.
Emplois menacés : un impact croissant
Emplois directement exposés :
- 2021 : 444
- 2022 : 1 131
- 2023 : 2 034
- 2024 : 2 642
- 2026 (début) : 402
Pour 2025, l’estimation FailliteTracker fait apparaître une fourchette large, signe d’une forte incertitude économique
Le risque social monte, mais de façon progressive et cumulative.
Nantes : la fin de l’exception
Là où :
- Paris symbolise la concentration de chocs,
- Bordeaux et Toulouse illustrent un rattrapage violent,
- Lille agit comme baromètre historique,
Nantes incarne la fin d’un modèle réputé stable.
Ce basculement est stratégique à observer, car :
- il concerne une métropole attractive,
- sans spécialisation excessive,
- souvent prise comme référence nationale.
Ce que révèle Nantes pour 2026
Nantes montre que :
- même les territoires équilibrés ne sont plus protégés,
- la diffusion du risque touche désormais l’ensemble du tissu économique,
- la vigilance ne peut plus se limiter aux secteurs “à problème”.
La surveillance des partenaires, clients et fournisseurs devient indispensable, y compris dans les métropoles historiquement solides.
Source
Données issues du tableau de bord FailliteTracker – Nantes Métropole (EPCI 244400404), mises à jour en continu