Faillites d’entreprises à Bordeaux Métropole : un niveau historique jamais atteint

1 166 défaillances en 2024, 1 173 en 2025 : une surcrise silencieuse

Les derniers chiffres issus de FailliteTracker révèlent une situation exceptionnelle et préoccupante pour La Métropole de Bordeaux.

  • 1 166 défaillances d’entreprises ont été enregistrées en 2024,
  • près de 1 200 à nouveau en 2025,

soit environ 2 400 entreprises en procédure collective sur deux années consécutives.

Ce niveau n’a aucun équivalent historique récent sur le territoire.

 

 

Une rupture nette avec les standards historiques

Pour mesurer l’ampleur du phénomène, la comparaison historique est sans appel :

  • Norme structurelle hors crise : ~ 800 défaillances par an maximum
  • Crise des subprimes (2008–2009) : pic autour de 910-920 défaillances par an
  • Situation actuelle (2024–2025) : 1 200 défaillances par an, deux années consécutives

Le niveau actuel dépasse très largement celui observé lors de la crise des subprimes, pourtant considérée comme l’un des chocs économiques les plus violents des vingt dernières années.

Nous ne sommes plus dans un simple cycle défavorable, mais dans une zone de surchauffe du risque économique dans la métropole Bordelaise.

Une crise moins visible, mais plus profonde et durable

Contrairement aux crises précédentes, la situation actuelle ne se caractérise pas par un effondrement brutal, mais par une érosion continue du tissu économique Bordelais.

Cette dynamique repose sur plusieurs facteurs cumulatifs :

  • tensions persistantes sur les trésoreries,
  • hausse durable des charges fixes,
  • difficultés d’accès au financement,
  • ralentissement du marché immobilier et de la construction,
  • allongement des délais de paiement inter-entreprises,
  • disparition progressive de l’effet amortisseur des aides post-Covid.

Résultat : les entreprises ne « tombent » plus brutalement, elles s’épuisent, jusqu’à l’ouverture d’une procédure collective.

Des secteurs clés de Bordeaux Métropole particulièrement exposés

L’analyse sectorielle des défaillances met en évidence une concentration forte dans plusieurs piliers de l’économie locale :

Commerce

Très sensible à la consommation des ménages, au coût de l’énergie et aux loyers commerciaux, le commerce concentre une part importante des procédures ouvertes.

Construction et immobilier

Le ralentissement des permis, la hausse des coûts de financement et la contraction des marges fragilisent fortement les acteurs du bâtiment et des travaux publics.

Services aux entreprises

Souvent dépendants d’un nombre limité de clients, ces acteurs subissent de plein fouet les ruptures de contrats et les arbitrages budgétaires.

Ces secteurs forment un noyau dur du risque économique local.

 



 

Les petites entreprises en première ligne

Comme sur l’ensemble du territoire national, la majorité des défaillances à Bordeaux Métropole concerne :

  • des microentreprises,
  • des structures sans salarié ou avec moins de 10 employés.

Ces entreprises cumulent plusieurs fragilités :

  • faible capitalisation,
  • dépendance à quelques donneurs d’ordre,
  • marges de manœuvre financières limitées.

Si les grandes entreprises tombent moins souvent, lorsqu’elles tombent, l’impact économique et social est beaucoup plus lourd.

Liquidation judiciaire : l’issue dominante

L’analyse des procédures ouvertes montre que la liquidation judiciaire reste de loin l’issue la plus fréquente.

Les procédures de sauvegarde et de redressement existent, mais elles interviennent souvent trop tard, lorsque la situation financière est déjà irrémédiablement dégradée.

⇒ Cela confirme que les difficultés sont détectées en aval, et non en amont, par les partenaires économiques.

Des milliers d’emplois potentiellement exposés chaque année

Derrière les défaillances d’entreprises, ce sont aussi des emplois fragilisés.

Chaque année, les procédures ouvertes à Bordeaux Métropole concernent plusieurs milliers de salariés, exposés à un risque de chômage, même si la suppression effective des postes n’est pas automatique.

À l’échelle du territoire, cela constitue un enjeu économique et social majeur.

Pourquoi ces données sont devenues stratégiques

Dans un contexte où le niveau de défaillances dépasse celui des grandes crises passées, l’accès à une donnée fiable, territorialisée et actualisée devient un outil de pilotage essentiel.

Ces informations sont stratégiques pour :

  • les investisseurs et repreneurs régionaux,
  • les banques et assureurs-crédit,
  • les collectivités territoriales,
  • les partenaires commerciaux et fournisseurs.

Elles permettent d’anticiper les risques, de sécuriser les relations d’affaires et d’éviter des décisions prises à l’aveugle.

FailliteTracker : comprendre et anticiper les risques économiques locaux

Grâce à une lecture fine des procédures collectives, FailliteTracker offre une vision claire et opérationnelle des défaillances d’entreprises à Bordeaux Métropole.

L’objectif n’est pas seulement de constater les faillites, mais de détecter les signaux faibles, d’anticiper les ruptures et de mieux comprendre les dynamiques économiques locales.

Dans un contexte où 1 200 entreprises tombent chaque année, l’anticipation n’est plus un avantage concurrentiel : c’est une nécessité.